Faire son étude
soi-même, gratuitement
Une bonne partie d'une étude de marché locale repose sur des données publiques. Voici où les trouver, ce qu'elles disent, et ce qu'elles ne disent pas.
1. Le registre des entreprises
C'est la source la plus sous-estimée. L'Annuaire des entreprises de l'État permet de chercher par activité et par commune : qui exerce, depuis quand, et qui a fermé. En comptant les créations et les fermetures année par année, on voit si un marché se remplit ou se vide.
Nous avons fait ce travail pour six métiers dans neuf grandes villes : établissements ouverts, ouvertures et fermetures sur douze mois, part de ceux qui tiennent trois ans. Les chiffres par ville et par métier →
Sa limite : le registre compte des sociétés, pas des clients. Un rachat ou un déménagement y apparaît comme une fermeture, et certaines fermetures sont déclarées avec retard. Ce sont des ordres de grandeur, solides pour comparer, fragiles à l'unité près.
2. Les habitants, au carreau de 200 mètres
L'Insee publie des données au carreau de 200 mètres (dispositif Filosofi) : nombre d'habitants, âges, ménages, logements et revenus. Le millésime le plus récent porte sur les revenus de 2021 et a été publié en février 2026. En additionnant les carreaux de votre zone de chalandise, vous savez combien de personnes y vivent et avec quel niveau de vie.
Pour une vue plus simple, commune par commune, le site statistiques-locales.insee.fr affiche les mêmes thèmes sur une carte, sans rien télécharger.
3. Les commerces et services déjà présents
La base permanente des équipements de l'Insee compte, commune par commune (et par quartier Iris dans les villes de plus de 10 000 habitants), les commerces, services et équipements sportifs. Elle permet de comparer votre ville à ses voisines : combien de boulangeries, de salles de sport ou de restaurants pour mille habitants.
4. Les concurrents eux-mêmes
Rien ne remplace la visite de chaque concurrent, en ligne puis sur place :
- leur site et leur page de réservation : prix, formules, horaires, offres en cours ;
- leur fiche Google : note, nombre d'avis, et surtout le contenu des avis négatifs, qui disent ce que la clientèle n'a pas trouvé ;
- leurs réseaux sociaux : la fréquence des publications dit si l'établissement est en forme ;
- une visite aux heures de pointe : combien de monde, combien de personnel, combien d'attente.
Notez tout avec la date du relevé. Un tableau simple suffit : un concurrent par ligne, une information par colonne.
5. Les projets qui arrivent
Le marché de demain se lit dans trois endroits : le registre (une société se déclare souvent des mois avant d'ouvrir), la presse locale, et les décisions de la mairie (permis de construire affichés, délibérations, projets d'aménagement). Un concurrent qui ouvre dans six mois à deux rues de chez vous fait partie de votre étude, même s'il n'existe pas encore.
6. Les chiffres du secteur
Bpifrance Création publie des dossiers sectoriels, avec des ratios utiles pour tester vos hypothèses (chiffre d'affaires par salarié, marges courantes). Les fédérations professionnelles publient aussi des chiffres annuels. Gardez-les pour vérifier la cohérence de votre prévisionnel, pas pour décrire votre quartier.
Ce que ces sources ne font pas
Elles donnent la matière, pas la réponse. Le travail long, c'est de relever les prix de trente concurrents un par un, de lire et classer deux mille avis, de mesurer à quelles heures les plannings sont pleins, puis de tout relier à une décision. Comptez plusieurs jours pour un quartier, davantage pour une ville.
Sources
- Annuaire des entreprises (État) : https://annuaire-entreprises.data.gouv.fr
- Insee, données carroyées au carreau de 200 m (revenus 2021) : https://www.insee.fr/fr/statistiques/8735162
- Insee, statistiques locales : https://statistiques-locales.insee.fr
- Insee, base permanente des équipements : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/s1161
- Bpifrance Création, l'étude de marché : https://bpifrance-creation.fr/etude-marche